Le Street Art de GROOVE

Pour vous présenter les artistes partenaires, nous avons opté pour un jeu de questions-réponses simples qui permet à l’artiste d’exprimer clairement ses inspirations, ses préférences et sa façon de travailler.

Le premier à se prêter à se jeu est GROOVE.

Qu’est-ce qui t’a amené à pratiquer le Street Art ?
Le Street Art, est comme un théâtre à ciel ouvert avec des milliers d’acteurs est des millions de spectateurs, quand on est de nature créative et qu’on a les yeux bien ouverts, c’est difficile de passer à côté. Personnellement, j’ai pris une sacrée claque en découvrant la densité de la pratique. J’ai commencé à écrire sur les murs comme un enfant, je n’avais pas de démarche ni de message particulier à faire passer, c’était simplement, comme beaucoup de gosses de ma génération, une manière de s’approprier son quartier et aussi une envie de surprendre, de se démarquer.
Je me suis créé une signature, en six lettres : « GROOVE » un mot anglophone universel qui laisse un champ large d’interprétations et j’y ai incorporé, le visage du logo de la RATP.

Je traçais le tout en un trait continu, avec un maximum d’énergie. Et puis, avec le temps, je commençais à le faire sérieusement, à vouloir communiquer. Alors, ma signature a grandi, elle est devenue un personnage constitué de plusieurs visages, sans expression particulière, sans distinction de sexe, de genre, de couleur. Le visage de personne et tout le monde à la fois.
Dans la grande ville où j’habite, les images sont omniprésentes, agressives et non sans effets sur le comportement social et sur le quotidien des citadins. Mon personnage dégageait un certain mystère et une présence que j’aimais cultiver.
Le personnage s’est ensuite transformé en une masse de visages sans corps, comme une foule sans contour, des formes et des expressions faciales abstraites.
Cela m’est venu en réfléchissant à la quantité énorme de visages que je croise, tous les jours, dans le métro, dans la rue, dans les films et les journaux. Des physionomies toutes différentes, subtiles, cachant des trajectoires de vies complexes et uniques.
Mon travail aujourd’hui penche de plus en plus sur l’identité irréversible et marquée que donne son visage, les indices qu’il donne pour s’approcher de la nature intime d’une personne. La philosophie du « ton faciès te façonne ». Je trouve ça très intéressant.

Quel support préfères-tu ?
J’utilise les murs de Paris, les sols, j’utilise du papier, de la toile et j’utiliserai des t-shirts. J’ai cessé pour le moment d’agir sur les publicités du métro, actuellement j’utilise les murs de Paris et plus localement du 9ème et du 18ème arrondissement. (près de Montmartre, de la Gare du Nord, et de la gare St Lazare).

 

Comment pratiques-tu le Street Art ?
Pastel gras, affiche collée, marqueur méchant, pochoirs, souvent de petite taille. Pas encore de grand format mais j’y travaille. En ce moment je réfléchis sur d’autres choses, peut-être des surprises.
Que penses-tu de Art’n Street ?
Je n’ai pas encore de message unique, je fais partie de cette génération hyperactive, bombardée d’images et d’informations, où la culture se paye au prix fort. J’ai découvert un Street Art déjà bien dense, codifié et puissant en l’an 2000 et aujourd’hui, je me questionne et me tourne vers d’autres impulsions, vers d’autres conceptions que celui-ci, tout en gardant les yeux bien ouverts. C’est son caractère de jungle urbaine incontrôlable qui apporte à la pratique du Street Art toute son importance et la nécessité de l’embraser. Dans ce sens, Art’n Street , en plus de partager ma vision, est un projet qui me donne l’opportunité de m’exprimer différemment et d’aborder de nouvelles techniques.Let ’s Groove.